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Carnets de culture

Carnets de culture, pourquoi ?

Une envie simple, celle de déposer le récit d’un voyage dans l’imaginaire contemporain. Un regard croisé sur des expériences humaines, des univers de pensées, des histoires, entre fiction et réalité.

Des carnets pour se souvenir, chercher, aimer et tenter de comprendre ce qui se dit et se voit du monde et des hommes. Un lieu pour échanger, parce que la culture est avant tout circulation des mots, des images, des idées.

Dès lors, n’hésitez pas à déposer  vos commentaires…

 

L’immensité lumineuse d’un champ de tournesol, têtes retournées sous un ciel voilé. Un premier tableau qui révèle la puissance sereine et déjà presque inquiétante de la nature. Brièveté de l’image avant le basculement, et la montée du bruit assourdissant de la guerre. La lumière se dérobe, nous sommes le 6 juin 1982, un jeune soldat israélien descend au fond d’un char, un mausolée d’acier, dans lequel l’eau croupissante se mêle à l’odeur âcre de la sueur et de la fumée.

Il y a plus de vingt cinq ans, le réalisateur Samuel Maoz a fait ce chemin là. Si le traumatisme demeure, les années écoulées ont permis au réalisateur de s’extraire pour une part de la culpabilité et de la douleur,  de transcender l’émotion pour l’analyse clinique des faits.

Huit-clos infernal

Ils sont quatre, ils ont vingt ans, ils ont pour mission de « nettoyer » une ville après le passage de l’aviation. Shmuel le tireur, Assi le commandant, Herzel le chargeur et Yigal le conducteur, otages de Tsahal, terrifiés à l’idée de perdre la vie, acculés à tuer pour ne pas mourir. Rétifs à l’autorité,  ces jeunes gens n’auront de cesse de rechigner à faire le sale boulot, cherchant ici et là, une échappatoire.  Et s’il y a bien une constante dans le fil de l’histoire, c’est bien le rapport toujours controversé à l’autorité. Pourquoi ma vie doit-elle dépendre des décisions d’un autre, qui n’est ni plus ni moins conscient ou lucide que moi, formulent-ils tour à tour.

Qui de l’homme ou de la machine est fait d’acier ?

« L’acier c’est l’homme, le char, juste de la ferraille » peut-on lire graver à l’intérieur du tank. L’homme plus fort de la machine, le postulat est osé, alors que le char ne cesse de se resserrer autour des soldats, jusqu’à l’étouffement.

Depuis le char pestilentiel, une seule vision, celle à laquelle on accède depuis le viseur ou le périscope. L’œil de l’homme se confond avec le viseur, ce point d’ancrage qui tend vers cette autre réalité, celle qui exprime le saccage et le désastre de la guerre. Animaux éventrés, ruines, vieillards stupéfaits, femme hurlant dans les décombres, la peur à chaque carrefour des assauts syriens, la peur de devoir tirer, la peur de voir encore.

Les tableaux de la honte et de la désolation se succèdent alors que les soldats semblent être arrivés à un point de non retour, dont personne ne semble à même de les sortir. Et puis viens l’égarement, la sensation d’être au pris au piège, certains cèdent à la panique, d’autres flirtent avec la folie, tentant pour certains de recouvrer un semblant de dignité au travers d’une toilette sommaire. La bande-son se fait assourdissante, et le film s’accélère.

Pour le spectateur, piégé devant les images de la douleur, des questions d’ordres éthiques ne tarderont pas à surgir. Etait-il nécessaire,  d’insister si longuement sur les paysages de la désolation au risque du voyeurisme, pourquoi montrer pendant plusieurs minutes une femme criant sa douleur ? Pourtant, à tout bien peser, on se dit qu’au-delà il y a bien quelque chose de nouveau dans le regard apporté, et qu’au-delà de la dénonciation de la cruauté et de l’absurdité de la guerre ou du rapport fragile à l’autorité, il y a surtout le constat toujours plus vrai de la fragilité et l’impuissance des hommes.

Sortie :   03/02/2010

Film israélien / Drame / 1h33min

Réalisation : Samuel Maoz

Avec : Yoav Donat, Itay Tiran, Oshri Cohen, Michael Moshonov, Zohar Strauss, Dudu Tassa, Ashraf Barhom, Reymonde Amsellem

Emilie Breysse

Unique Opéra de Debussy, Pélleas et Melisande est une transposition du mythe de Tristan et Yseult, un drame passionnel qui plonge les personnages dans les ténèbres de la culpabilité et de la jalousie.

Melisande et Golaud

En juin 2007, se jouait pour la première fois, à Moscou, le chef-d’œuvre de Debussy. A l’occasion de la création de ce spectacle Philippe Béziat a saisi l’opportunité que représentait la première collaboration entre Marc Minkowski et Olivier Py pour réaliser un film. Entre documentaire et explication de texte, ce film musical tente d’approcher le mystère de cette œuvre, en nous révélant comment chef d’orchestre, metteur en scène, chanteurs, techniciens ou figurants se trouvent confrontés à la fascination qu’exerce sur eux Pelléas et Mélisande.

Pélleas et Melisande

L’œuvre de Debussy s’oppose à tous les poncifs les plus communément admis concernant l’opéra. Il n’y aura ni grands arias, ni démonstration de force, ni acte de bravoure, seulement une musique éminemment française et une langue a priori monotone, à tel point qu’un des chanteurs russe, aimerait redonner à l’ensemble l’émotion qu’il estime nécessaire pour conquérir le public. Dés lors, le rapport entre ces deux cultures là, devient un enjeu du film à part entière.

« Sur l’écran, le monde scintillant du théâtre devient une caverne allégorique du monde … » indique le réalisateur. L’Œuvre énigmatique et sensorielle, bénéficie d’une mise en scène à tout point de vue admirable qui met si finement en reliefs les grandes interrogations de la pièce, une trame qui pose les jalons d’une immense réflexion sur les paradoxes de l’âme et de la vie humaine. Parce que Pélleas et Melisande, est avant tout une œuvre ténébreuse, que le décor métallique ne fait que rehausser, une œuvre où l’on se trouve dans les dédales d’une forêt, où l’on s’évite pour ne pas s’aimer, où l’on se cherche en tournant autour de soi, de l’autre, de cette vie et de cet amour qui nous échappe déjà.

Et pourtant, curieusement, il reste toutefois difficile d’approcher du regard, au-delà  de l’écran, une telle œuvre, car de l’intérêt, il en sera certes question, mais au-delà, ni passion, ni réel transport. Est-ce lié à la nature même de l’opéra, une œuvre totale, qui demeurerait difficilement traduisible en version cinématographique ? Aux partis pris de la réalisation ? Au ton, au propos ? Difficile à trancher, pourtant force est de constater que même pour un amateur un peu éclairé, le sentiment et l’émotion tarderont à émerger tandis que le mystère, lui, restera entier.

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Pelléas et Mélisande (France – 2008) Durée : 1h48. Réalisation : Philippe Béziat. Image : Raphaël O’Byrne. Mise en scène et lumières : Olivier Py. Direction musicale : Marc Minkowski. Son : Laurent Gabiat. Montage : Cyril Leuthy. Montage son : Thomas Dappelo. Mixage : Emmanuel Croset. Directrice de production : Juliette Mallon. Producteur : Philippe Martin. Interprétation : Jean-Sébastien Bou (Pelléas), Sophie Marin-Degor (Mélisande), François Le Roux (Golaud), Dmitri Stepanovitch (Arkel), Natalia Vladimirskaia (Geneviève). Chœur et orchestre du Théâtre Musical Stanislavski et Némirovitch-Dantchenko. Sortie : 4 mars 2009.

Emilie Breysse

La Fondation Cartier pour l’art contemporain accueille jusqu’au 15 mars, l’exposition : Terre Natale, Ailleurs commence ici, un dialogue supposé entre Raymond Depardon et Paul Virilio. virilio-depardon

Récemment encensé pour le dernier opus d’un travail documentaire consacré aux paysans (Profils paysans), Raymond Depardon est un homme, photographe, journaliste et documentariste que l’on ne présente plus.

Paul Virilio, urbaniste et philosophe, est un homme traversé par les problématiques relatives aux migrations, aux trajectoires, par une certaine idée de la fin des espaces géographiques.

Les deux hommes étaient donc sensés se retrouver autour des questions suivantes : « Que reste-t-il du monde, de la terre natale, de l’histoire de la seule planète habitable aujourd’hui ?»

 

Pour étayer le propos, quatre dispositifs majeurs sont mis en scène dans le cadre de cette exposition.

Au rez-de-chaussée, deux écrans larges accueillent les images tournées et montées par Depardon. On y retrouvera le poésie, le sens aigu de la mise en scène du documentariste, la douceur et l’humanité que l’on perçoit à chacune de ses interventions. Images muettes ou accompagnés du verbe, elle mettent en avant, des concepts tels la distance, le rejet, la différence, la difficulté d’habiter le monde, la solitude, d’une part. De l’autre, vitesse, profusion métropolitaine, vie moderne et territoires urbains sont abordés. Femmes AmazonieAu sous-sol, accompagné d’un argumentaire sur la trajectoire, les migrations, la mort de la distance géographique, la refondation de la métropole autour de hub de communication, l’urbaniste – philosophe Virilio ouvre le pas à une infographie imposante sensée expliquer les grands bouleversements géopolitiques actuels.

Dans la même salle, des écrans Apple, malheureusement éteint lors de notre venue, devaient semble-t-il étayer le même propos…Infographie

 

Chiffres, images et sons à l’appui, le dispositif à l’infographie irréprochable, assène des chiffres et des concepts en chaîne, autour de cinq grandes thématiques.

Pêle-mêle, des numéros, des images, anxiogènes, sur les migrations, les flux humains et financiers, les tremblements de terre, le réchauffement climatique etc.  Si l’on peut être séduit par la mise en forme visuelle des éléments, réalisée par Diller Scofidio et Renfro,  le propos parait rapidement déconstruit, hasardeux et faussement dérangeant.

 

Si l’on comprend qu’il s’agisse une fois de plus de nous sensibiliser aux désastres qui secouent en permanence notre planète, le recours à un schéma narratif catastrophiste, montrant du doigt les inégalités, selon des procédés qui ne sont pas sans rappeler le sensationnel des scénarios hollywoodiens, laisse, lui, perplexe.

Emilie Breysse

 

Raymond Depardon – Paul Virilio

Terre Natale – Ailleurs commence ici

21 nov. 2008 – 15 mars 2009

Tarifs : 6,5€ / 4,5€

 

http://fondation.cartier.com/

Affiche

 

 

 

 

 

 

Réalisé par les photographes et réalisateurs américains Morris Engel, Ruth Orkin et Ray Ashley, Le Petit Fugitif (The Little Fugitive) raconte l’errance d’un enfant le long de la plage de Coney Island, un quartier situé au sud de New-York, dédié aux manèges et aux jeux. Récit de la découverte d’un monde à travers ses yeux, ce film, qui marqua un tournant décisif dans le cinéma américain de l’époque, dresse le portrait d’un petit garçon qui fait l’apprentissage de la réalité et de la solitude, avec une curiosité, une maturité et une légèreté déconcertante.

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New York, Brooklyn au début des années 50. Joey et Lennie sont deux frères livrés à eux-mêmes dans ce quartier populaire des Etats-Unis, loin des villas suburbaines de la bourgeoisie américaine. Leur père est absent, leur mère doit mener de front vie de famille et vie professionnelle. L’aîné, Lennie, n’a d’autres choix que de s’occuper de son cadet, le jeune Joey, âgé de 7 ans. Si le premier est un modèle pour son jeune frère, l’aîné supporte mal la présence constante du plus jeune à ses côtés. Pour tromper l’ennui, Lennie et ses copains élaborent une farce cruelle qui sera à l’origine de la fugue du « petit fugitif »…

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Roissy, aéroport Charles-De-Gaulle, Vincent et Gérard travaillent comme bagagistes, ils accumulent les petits larcins, en dérobant dans des valises quelques menus objets de valeur. Cette fois-ci, interrompant Vincent, plongé dans ses lectures psychanalytiques, Gérard détourne une valise diplomatique, dans laquelle se trouve un flacon de parfum contenant un liquide explosif : du nitrométhane. Gérard s’enflamme, projetant son ami dans une histoire où se mêlent espionnage et intrigue sentimentale…
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Filé par les services de la DST, incarné par Simon (Hippolyte Girardot), Vincent se voit proposer un pacte, collaborer avec les services secrets français et éviter la prison. Envoyé à Londres sur les traces de Syriens entraperçus dans les couloirs de Roissy, Vincent rencontre Palmer (Stephen Rea), un agent du M15. Sa mission est claire : découvrir ce qui se trame entre les Syriens et Peter Burton, un Anglais soupçonné de trafic avec ces derniers…

 

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Scénario et réalisation : Nicolas Saada Interprétation : Guillaume Canet, Géraldine Pailhas, Stephen Rea, Hippolyte Girardot, Archie Panjabi, Vincent Regan, Alexander Siddig Pays : France Genre : Espionnage, Romance Durée : 1h 39min Année de production : 2008 Distribution : Mars Distribution Date de sortie : 28 Janvier 2009

 

 

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Nom de code : Z32, le nom d’un soldat israélien, ex-membre d’une unité d’élite de l’armée israélienne. Z32 est un homme qui préfère taire son identité, un homme qui porte un masque au-delà duquel seuls les yeux et la bouche transparaissent. Avi Mograbi est un réalisateur israélien, bénévole de Shovrim Shtika, un groupe d’anciens soldats, il a entendu des dizaines de témoignages, parmi lesquels celui de Z32 dont il a décidé de faire un film…

 

Depuis une chambre, en Inde, Z32 est assis face à la caméra avec sa petite amie. Il parle de ce qu’il a fait, il s’adresse à son amie, il lui demande de raconter cette histoire, son histoire. Que dire ? Les mots ne viennent pas si facilement, le malaise est là, leurs doigts se tordent, les silences s’allongent, les questions se superposent…

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John Truby est un Script Doctor convoité par les plus grandes sociétés de production américaines, un consultant auquel on fait appel pour soigner des scénarios malades. Au cœur de l’activité scénaristique, expert de la structure du récit, son activité consiste à donner force et amplitude aux personnages, à créer des réseaux de relations intelligibles, à travailler les intrigues et les univers dans lesquels se meut un personnage. Il est à Paris du 4 au 6 février 2009, pour animer une Master Class de trois jours sur l’anatomie du scénario.

Vous avez fait des études de philosophie, de quelle manière cet apprentissage a-t-il influencé votre réflexion sur la structure du scénario ?

En effet, j’ai étudié la philosophie, et notamment Aristote, Nietzsche et l’existentialisme. Je m’intéressais à la manière dont on construit les histoires, et je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de livre portant sur la conception du scénario….

 

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John Truby