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Archive for mars 2009

Unique Opéra de Debussy, Pélleas et Melisande est une transposition du mythe de Tristan et Yseult, un drame passionnel qui plonge les personnages dans les ténèbres de la culpabilité et de la jalousie.

Melisande et Golaud

En juin 2007, se jouait pour la première fois, à Moscou, le chef-d’œuvre de Debussy. A l’occasion de la création de ce spectacle Philippe Béziat a saisi l’opportunité que représentait la première collaboration entre Marc Minkowski et Olivier Py pour réaliser un film. Entre documentaire et explication de texte, ce film musical tente d’approcher le mystère de cette œuvre, en nous révélant comment chef d’orchestre, metteur en scène, chanteurs, techniciens ou figurants se trouvent confrontés à la fascination qu’exerce sur eux Pelléas et Mélisande.

Pélleas et Melisande

L’œuvre de Debussy s’oppose à tous les poncifs les plus communément admis concernant l’opéra. Il n’y aura ni grands arias, ni démonstration de force, ni acte de bravoure, seulement une musique éminemment française et une langue a priori monotone, à tel point qu’un des chanteurs russe, aimerait redonner à l’ensemble l’émotion qu’il estime nécessaire pour conquérir le public. Dés lors, le rapport entre ces deux cultures là, devient un enjeu du film à part entière.

« Sur l’écran, le monde scintillant du théâtre devient une caverne allégorique du monde … » indique le réalisateur. L’Œuvre énigmatique et sensorielle, bénéficie d’une mise en scène à tout point de vue admirable qui met si finement en reliefs les grandes interrogations de la pièce, une trame qui pose les jalons d’une immense réflexion sur les paradoxes de l’âme et de la vie humaine. Parce que Pélleas et Melisande, est avant tout une œuvre ténébreuse, que le décor métallique ne fait que rehausser, une œuvre où l’on se trouve dans les dédales d’une forêt, où l’on s’évite pour ne pas s’aimer, où l’on se cherche en tournant autour de soi, de l’autre, de cette vie et de cet amour qui nous échappe déjà.

Et pourtant, curieusement, il reste toutefois difficile d’approcher du regard, au-delà  de l’écran, une telle œuvre, car de l’intérêt, il en sera certes question, mais au-delà, ni passion, ni réel transport. Est-ce lié à la nature même de l’opéra, une œuvre totale, qui demeurerait difficilement traduisible en version cinématographique ? Aux partis pris de la réalisation ? Au ton, au propos ? Difficile à trancher, pourtant force est de constater que même pour un amateur un peu éclairé, le sentiment et l’émotion tarderont à émerger tandis que le mystère, lui, restera entier.

affiche

Pelléas et Mélisande (France – 2008) Durée : 1h48. Réalisation : Philippe Béziat. Image : Raphaël O’Byrne. Mise en scène et lumières : Olivier Py. Direction musicale : Marc Minkowski. Son : Laurent Gabiat. Montage : Cyril Leuthy. Montage son : Thomas Dappelo. Mixage : Emmanuel Croset. Directrice de production : Juliette Mallon. Producteur : Philippe Martin. Interprétation : Jean-Sébastien Bou (Pelléas), Sophie Marin-Degor (Mélisande), François Le Roux (Golaud), Dmitri Stepanovitch (Arkel), Natalia Vladimirskaia (Geneviève). Chœur et orchestre du Théâtre Musical Stanislavski et Némirovitch-Dantchenko. Sortie : 4 mars 2009.

Emilie Breysse

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