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La Fondation Cartier pour l’art contemporain accueille jusqu’au 15 mars, l’exposition : Terre Natale, Ailleurs commence ici, un dialogue supposé entre Raymond Depardon et Paul Virilio. virilio-depardon

Récemment encensé pour le dernier opus d’un travail documentaire consacré aux paysans (Profils paysans), Raymond Depardon est un homme, photographe, journaliste et documentariste que l’on ne présente plus.

Paul Virilio, urbaniste et philosophe, est un homme traversé par les problématiques relatives aux migrations, aux trajectoires, par une certaine idée de la fin des espaces géographiques.

Les deux hommes étaient donc sensés se retrouver autour des questions suivantes : « Que reste-t-il du monde, de la terre natale, de l’histoire de la seule planète habitable aujourd’hui ?»

 

Pour étayer le propos, quatre dispositifs majeurs sont mis en scène dans le cadre de cette exposition.

Au rez-de-chaussée, deux écrans larges accueillent les images tournées et montées par Depardon. On y retrouvera le poésie, le sens aigu de la mise en scène du documentariste, la douceur et l’humanité que l’on perçoit à chacune de ses interventions. Images muettes ou accompagnés du verbe, elle mettent en avant, des concepts tels la distance, le rejet, la différence, la difficulté d’habiter le monde, la solitude, d’une part. De l’autre, vitesse, profusion métropolitaine, vie moderne et territoires urbains sont abordés. Femmes AmazonieAu sous-sol, accompagné d’un argumentaire sur la trajectoire, les migrations, la mort de la distance géographique, la refondation de la métropole autour de hub de communication, l’urbaniste – philosophe Virilio ouvre le pas à une infographie imposante sensée expliquer les grands bouleversements géopolitiques actuels.

Dans la même salle, des écrans Apple, malheureusement éteint lors de notre venue, devaient semble-t-il étayer le même propos…Infographie

 

Chiffres, images et sons à l’appui, le dispositif à l’infographie irréprochable, assène des chiffres et des concepts en chaîne, autour de cinq grandes thématiques.

Pêle-mêle, des numéros, des images, anxiogènes, sur les migrations, les flux humains et financiers, les tremblements de terre, le réchauffement climatique etc.  Si l’on peut être séduit par la mise en forme visuelle des éléments, réalisée par Diller Scofidio et Renfro,  le propos parait rapidement déconstruit, hasardeux et faussement dérangeant.

 

Si l’on comprend qu’il s’agisse une fois de plus de nous sensibiliser aux désastres qui secouent en permanence notre planète, le recours à un schéma narratif catastrophiste, montrant du doigt les inégalités, selon des procédés qui ne sont pas sans rappeler le sensationnel des scénarios hollywoodiens, laisse, lui, perplexe.

Emilie Breysse

 

Raymond Depardon – Paul Virilio

Terre Natale – Ailleurs commence ici

21 nov. 2008 – 15 mars 2009

Tarifs : 6,5€ / 4,5€

 

http://fondation.cartier.com/

Affiche

 

 

 

 

 

 

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Dés le seuil de la Maison rouge, les termes« B/ORDER », « DANGER », « 99 cents dreams », semble donner le ton de l’exposition. On pressent qu’il sera question de frontières, d’un grand voisin gênant, des mirages qu’il traîne derrière lui. 

Des frontières certes, mais les clichés que l’on aurait pu attendre ne seront pas au rendez-vous. Dès les premières œuvres, le propos se fait subtil, complexe, poétique. Non, il ne sera pas question de mexicains opprimés, des femmes suant leur peine dans les machiladoras, des enfants des rues, des riches gouverneurs, des indiens opprimés.

Il faudra ouvrir grands les yeux, les frontières sont vastes, elles s’étendent, se désagrègent, complexes, perméables.

 

Mexico : expected / unexpected est le premier volet d’un cycle consacré à la collection d’un couple d’amateur mexicains, Isabel et Augustin Coppel. Entrepreneurs et mécènes, ils jouent un rôle actif dans le soutien d’associations et d’institutions artistiques.

 

Protéiforme, l’exposition met en scène tous les supports : photographie, installation, vidéo, dessin, diaporama, sculpture…

expo-coppel

Dans un parcours faussement erratique, les formes, les ombres, les structures, les paysages urbains et naturels du Mexique d’aujourd’hui et d’hier se mêlent pour une expérience visuelle et émotionnelle intense.                            

 

Autour d’installations telles que le bouleversant « Diles que no me maten », architecture, littérature, musique, société entrent dans un dialogue à plusieurs voix.

A partir d’une installation vidéo représentant une forme humaine, prise à l’assaut des flammes Jorge Mendés Blake a ajouté la voix de l’auteur mexicain Juan Rulfo narrant l’histoire dans laquelle se répète lancinante, la supplique.

 

« Cantéiros, Conversations y constructions »

Dans un registre plus léger, avec « Cantéiros, Conversations y constructions » Neuenschwander, se plait à détourner les formes pures de l’art pour construire à partir de denrées comestibles des monuments inspirés de l’architecture moderne.

Pour clore l’exposition, Damián Ortega, présente son désormais célèbre « Moby Dick », un monument de tôle et d’acier qui apparaît  sous les traits d’une coccinelle Volkswagen. Alors qu’un groupe de rock se livre à une interprétation cathartique du morceau éponyme de Led Zeppelin, Ortega et ses collaborateurs tirent en vain sur des cordes grâce auxquelles ils espèrent dompter l’animal. 

 

L’exposition est vraiment à voir, bien qu’aucune oeuvre ne m’apparût comme vraiment majeure, l’ensemble composite et intelligent pourrait réconcilier avec l’art contemporain, même les plus réticents…

 

Collection Agustín et Isabel Coppel, Mexico: Expected/Unexpected

26 Octobre 2008 – 18 Janvier 2009

 

La Maison Rouge

10, boulevard de la Bastille

75012 Paris

Mercredi – samedi / 11.00-19.00

plein tarif : 6.50 euros

tarif réduit : 4.50 euros

http://www.lamaisonrouge.org

 

 

 

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