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Posts Tagged ‘Photographie’

Les photographes d’aujourd’hui sont les héritiers d’une génération de photographes américains qui, dans les années 1970, ont bouleversé la pratique de la photographie. C’est le propos que défend le département des étampes de la BNF, et qui trouve son illustration dans l’exposition : Seventies. Le choc de la photographie américaine, mise en scène sur le site Richelieu. L’exposition rassemble plus de 320 clichés réalisés par plus d’une trentaine de photographes américains.

Héritiers des mouvements artistiques, qui à l’instar du New Bahaus, se développèrent dans l’entre deux guerres, ces photographes influencèrent durablement la manière de concevoir l’exercice photographique du point de vue de sa forme même.

Dans une Amérique, en pleine révolution culturelle, ils empruntèrent aux « snapshot » ( photographies prises sur le vif), leurs défauts et maladresses, pour réaliser des photographies techniquement maîtrisées. Le flou de bougé ou de mise au point, la mise en scène, la superposition ou encore l’ombre du photographe devinrent un nouvel espace d’exploration. Josephson KennethTirant parti de cette subversion initiale, ils furent les témoins des bouleversements d’une société, d’un certain regard qu’elle portait sur elle même.

Contemporain d’une époque où la photographie se démocratise,  celle-ci prend pour objet le trivial des scènes de rues, les instantanés de vies quotidiennes.

larry-clark-tulsaLa pratique se transforme dans la captation d’univers jusqu’ici peu exploré : les reliefs de la jeunesse auprès de laquelle le futur cinéaste Larry Clark fit ses premiers pas ou encore la forme de nudité frontale et dépouillée à laquelle se consacra Diane Arbus. Diane Arbus Family one evening at a nudist camp 1965

Elle autorise aussi un renouvellement des prises de vues des paysages urbains, notamment dans leur géométrie ou encore naturels dans le mouvement qui accompagne une nouvelle prise de conscience écologique.

 Hébergeant des travaux et des parcours singuliers et disparates, l’exposition est conçue comme un dialogue où se rencontrent des territoires d’expression, la mise en réseau d’une communauté de photographes qui ont chacun à leur manière investigué des possibles de la représentation picturale. Ralph Eugene Meatyard,Romance (N.) From Ambrose Bierce #3 from Portfolio 3, negative 19641974

Par le truchement d’une scénographie très épurée, sensée représenter l’urbanisme géométrique des villes américaines, ces travaux sont présentés par thématique. Si l’on pourrait reprocher à l’exposition une mise en scène très éloignée d’un quelconque renouvellement formel, on appréciera néanmoins la diversité de ces photographies, judicieusement choisies, qui permettent de mieux saisir les formes de notre héritage photographique.

Seventies. Le choc de la photographie américaine

 BNF, site Richelieu / Galerie de photographie

58, rue de Richelieu

75001 Paris

7€/5€

29 octobre 2008 – 25 janvier 2009 

 

 

affiche-exposition

 

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Dans le cadre du mois de la photographie, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme rend hommage à Nathan Lerner, photographe, peintre, designer et enseignant d’origine juive, né en 1913 à Chicago.

Nathan Lerner fut étudiant, puis professeur et membre éminent,  du New Bahaus de Chicago – devenu par la suite Institute of Design –  créé en 1937, sous l’égide de Lázló Moholy-Nagyn. Le New Bahaus de Chicago, échappée américaine du Bahaus Allemand né en 1919 était  une école d’art, ou plus exactement, « un laboratoire pour une éducation nouvelle », tel que l’exprimait son fondateur.

 En 1949, il crée son propre atelier de Design, Lerner Design Associates, dans lequel il dessine des objets de consommation courante dont le Honey bear, devenu par la suite célèbre, notamment aux Etats-Unis .

 

L’exposition présentée par le MAJH, retrace autour de la biographie de Lerner, les études et les réflexions décisives qui ont orienté ses travaux.

 

La première partie, la plus fournie, est composée de clichés pris à Chicago entre 1935 et 1937, dans le quartier de Maxwell Street, un quartier populaire, dans lequel résidait de nombreux juifs immigrés d’Europe de l’est.

Les clichés, proches de la photographie sociale, bien que le photographe n’ait ni visée documentaire ni velléités idéologiques, représentent autant de scènes et d’objets du quotidien, photographiés au hasard des rues et des rencontres.

Les images souvent triviales, dressent des portraits de résidants, assis, marchant, dormant dans rues de Maxwell. S’attachant à décrire l’univers dans lequel hommes, femmes, et enfants vivent, ses clichés se portent aussi sur des objets, livres, vitrines de magasins, et autres denrées alimentaires, à l’instar de : « Oignons, étude de la lumière ».  L’originalité et l’intérêt de ces photographies à la fois graves et distantes, résident dans la recomposition habile de l’univers des rues et semble constituer la genèse de ses futures réflexions sur la fonction et la puissance des objets dans le quotidien. girls-with-two-faces-19327

 

La seconde partie, plus abstraite, réalisé lors de son passage au New Bahaus, abrite un certain nombre d’études portant sur des représentations visuelles et sensorielles touchant à la lumière, aux ombres, aux formes, aux volumes, aux reflets. Des formes tels que les fils et câbles électriques, l’œil et autres objets sphériques ou cylindriques seront désormais au centre de ses recherches, comme en témoigne  « Light volume », réalisé en 1937.  Ces études posent un rapport complexe entre l’œil et la forme, et à observer cet œil au centre de ses compositions, se dégage un sentiment particulier, celui d’une mise en abyme, celui du regard imbriqué dans la forme, celui d’une relation permanente entre le regard et l’objet regardé. Peut-être parce que l’œil demeure dans un dialogue permanent avec la forme, peut-être enfin aussi parce qu’attentif au reflet, Lerner cherche la réflexivité dans tous les objets qu’il rencontre.eye-on-window-19436

 

Une autre partie de l’exposition est consacrée à sa période japonaise. Marié à la pianiste d’origine japonaise Kiyoko Asai, Lerner découvre le Japon en 1973 . Cette découverte, est à l’origine d’une deuxième naissance artistique qui le réconcilie avec la couleur « J’ai senti que je pouvais contrôler la couleur sans que ce soit elle qui me contrôle », indique t-il.

Issues du quotidien des rues japonaises, ses peintures et photographies reprennent un certain nombre de ses thématiques de prédilection. On y voit, des peintures de rues, des signes, des formes, des objets du quotidien japonais. Les couleurs, vives, se font impérieuses, violentes parfois, et témoignent de cette réconciliation énoncée précédemment.

 

Si le New Bahaus se voulait à quelques égards, une école de rééducation visuelle et sensorielle, initié pour « réévaluer les besoins pervertis par la civilisation des machines », il semblerait bien que le regard de Lerner, et le regard qu’il pose les formes et les figures de ordinaire mérite que l’on s’y attarde sans tarder. 

 

Nathan Lerner

L’héritage du Bauhaus à Chicago

 

Musée d’art et d’histoire du judaïsme

Hôtel de Saint-Aignant, 71, rue du Temple, 75003 Paris.

Jusqu’au 11 janvier

Entrée : 6,80 €/ 4,50 €.

http://www.mahj.org

 

 

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Carnets de culture, pourquoi ?

Une envie simple, celle de déposer le récit d’un voyage dans l’imaginaire contemporain. Un regard croisé sur des expériences humaines, des univers de pensées, des histoires, entre fiction et réalité.

Des carnets pour se souvenir, chercher, aimer et tenter de comprendre ce qui se dit et se voit du monde et des hommes. Un lieu pour échanger, parce que la culture est avant tout circulation des mots, des images, des idées.

Dès lors, n’hésitez pas à déposer  vos commentaires…

 

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