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Archive for the ‘Histoire du cinéma’ Category

Une Fata Morgana est un phénomène optique qui résulte de la présence à différents niveaux de l’atmosphère de couches d’air où se produisent des variations thermiques plus ou moins brutales entraînant la formation d’un mirage.

Le nom Fata Morgana (en  italien), vient de la Fée Morgane. Le phénomène fut rapporté la première fois, par des croisés qui, navigant sur la mer Méditerranée, affirmaient avoir aperçu de fantastiques châteaux se refléter dans la brume près du détroit de Messine, entre l’Italie et la Sicile. Ils attribuèrent ce phénomène à la Fée Morgane, fée qui selon la légende arthurienne, avait le pouvoir d’élever des palais au-dessus des flots et d’agir sur le vent.

Fata Morgana c’est aussi un film de Werner Herzog, un poème épique en trois parties dans lequel il développe une conception très personnelle, paradoxale, totalement imprévisible de la création, du paradis et de l’âge d’or. Hybride, proche de l’essai, le film parcourt l’Afrique, ses plaines, ses montagnes, ses lacs, ses dunes de sable, ses mirages, en nous narrant les mystères qui ont présidé à la création, et ce qu’il en est advenu depuis. Dunes

Comme souvent chez Herzog, le film demeure une expérience à part entière, une expérience auditive, visuelle, dont les ressorts et interrogations métaphysiques ponctuent les dialogues de l’image et du son.

Fata Morgana est un film dont la composition a aussi pour objectif de nous confronter à une forme d’extase esthétique.

A l’heure de la création, les textes illustrent les images par des récits mythologiques, ceux du déluge, ceux des espoirs et des visées des divinités ayant présidé à la création du monde.

A l’ère paradisiaque, l’homme se faisant fort de sa présence, les paysages changent, se durcissent, se matérialisent, le récit passe de la mythologie à l’ironie, on y fait l’expérience de la beauté, de la cruauté, du rire aussi. Le dernier volet est basculement, plongé dans l’absurde, dans le non-sens. Scènes baroques, personnages ridicules, déconstruction totale, inadéquation de l’image et du propos, laissent le spectateur désarmé et hilare. boy-and-animal

Herzog disait de Fata Morgana qu’il était « un documentaire tourné par les extraterrestres de la Nébuleuse d’Andromède, avant qu’ils ne l’abandonnent ». Expérimental et surréaliste, le ton du film, lui se situe toujours à la frontière de l’ironie et de l’absurde alors que la vision que projette Herzog, elle, demeure pessimiste.

L’essai est grave certes, mais aussi terriblement drôle, car l’auteur sait lier la profondeur du propos et l’humour du point de vue. Enfin, parce que l’expérience d’un film d’Herzog ne laisse jamais indifférent, n’hésitez pas à vous rendre aux prochaines projections de Fata Morgana, les 14 janvier et février prochain au Centre Pompidou.

 

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